Un homme planta une rose et l'arrosa religieusement. Un jour, alors qu'il l'examinait, il vit qu'un bourgeon fleurirait sous peu, mais il remarqua des épines sur la tige.
Il pensa... " Comment une si belle plante peut-elle provenir d'un plant endommagé par tant d'épines ?"
Attristé par cette pensée, il négligea d'arroser la rose et avant qu'elle ne soit prête à fleurir, elle mourut.
Ainsi en est-il de beaucoup de gens. À l'intérieur de chaque âme il y a une rose. Les qualités implantées en chacun de nous à la naissance croissent parmi les épines de nos fautes.
Plusieurs d'entre nous regardent et ne voient que les épines, les défauts. Nous désespérons, pensant que rien de bon ne peut sortir de nous. Nous négligeons d'arroser ce qu'il y a de bon en nous. On ne réalise jamais son potentiel. Certaines gens ne voient pas la rose à l'intérieur d'eux : quelqu'un d'autre doit la leur montrer.
Un des plus grands dons qu'une personne peut posséder est d'être capable de passer par-dessus les épines et de trouver la rose dans autrui. Ceci est caractéristique de l'amour : de regarder un individu et de voir ses vraies fautes.
Accepter cette personne dans votre vie, tout en reconnaissant la noblesse dans son âme. Aidez-la à réaliser qu'elle peut surmonter ses fautes.
Il n'y a que la mère et les deux fils Tout est ensoleillé La table est ronde Derrière la chaise où s'assied la mère Il y a la fenêtre D'où l'on voit la mer Briller sous le soleil Les caps aux feuillages sombres des pins et des oliviers Et plus près les villas aux toits rouges Aux toits rouges où fument les cheminées Car c'est l'heure du repas Tout est ensoleillé Et sur la nappe glacée La bonne affairée Dépose un plat fumant Le repas n'est pas une action vile Et tous les hommes devraient avoir du pain La mère et les deux fils mangent et parlent Et des chants de gaîté accompagnent le repas Les bruits joyeux des fourchettes et des assiettes Et le son clair du cristal des verres Par la fenêtre ouverte viennent les chants des oiseaux Dans les citronniers Et de la cuisine arrive La chanson vive du beurre sur le feu Un rayon traverse un verre presque plein de vin mélangé d'eau Oh ! le beau rubis que font du vin rouge et du soleil Quand la faim est calmée Les fruits gais et parfumés Terminent le repas Tous se lèvent joyeux et adorent la vie Sans dégoût de ce qui est matériel Songeant que les repas sont beaux sont sacrés Qui font vivre les hommes
Le mur est gris, la tuile est rousse, L'hiver a rongé le ciment ; Des pierres disjointes la mousse Verdit l'humide fondement
La porte où file l'araignée, Qui n'entend plus le doux accueil, Reste immobile et dédaignée Et ne tourne plus sur son seuil. Les volets que le moineau souille Détachés de leurs gonds de rouille, Battent nuit et jour le granit, Les vitraux brisés par les grêles Livrent aux hirondelles Un libre passage à leur nid ! De la solitaire demeure Une ombre lourde d'heure en heure Se détache sur le gazon : Et cette ombre, couchée et morte, Est la seule chose qui sorte Tout le jour de cette maison ! A l'heure où la rosée s'évapore Tous ces volets fermés s'ouvraient à sa chaleur, Pour y laisser entrer, avec la tiède aurore, Les nocturnes parfums de nos vignes en fleur. La mère de sa couche à ces doux bruits levée, Sur ces fronts inégaux se penchait tour à tour, Comme la poule heureuse assemble sa couvée, Leur apprenant les mots qui bénissent le jour.
Moins de balbutiements sortent du nid sonore, Quand au rayon d'été qui vient la réveiller, L'hirondelle au plafond qui les abrite encore, A ses petits sans plume apprend à gazouiller.
Et les bruits du foyer que l'aube fait renaître, Montaient avec le jour, et dans les intervalles, Des aboiements du chien qui voit sortir son maître Les Claviers résonnaient dans le chant des cigales.
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ; Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige, Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ; Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir, Du passé lumineux recueille tout vestige ! Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige... Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent, Nul n'aura comme moi si chaudement aimé La lumière des jours et la douceur des choses L'eau luisante et la terre où la vie a germé.
Mes mots n’ont pas comblé le vide. Ils sont pourtant si nombreux, Si lourds à porter, Que mon ciel n’a plus rien d’un ciel, Que la terre n’est plus un simple sol Mais un tombeau de nuit. Et je t’ai perdue, toi et ma raison, Le berceau de ma joie Comme une croix mal équilibrée Déchire mon être. Et je n’ai pas le temps, Je ne l’ai plus, De te chercher pour effacer ton absence, De faire que mes yeux Soient tes yeux, Que nos lèvres mêlées ne soient plus qu’une En un torrent de mots et de lumières. Mais des mots, des mots J’en ai encore trop dit, Et tes lumières, elles Me font l’ombre d’un soleil.
Le voile du matin sur les monts se déploie. Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour ; Et déjà dans les cieux s'unit avec amour, Ainsi que la gloire à la joie, Le premier chant des bois aux premiers feux du jour.
Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore ! Tu verras, si demain le cercueil me dévore, Un soleil aussi beau luire à ton désespoir, Et les mêmes oiseaux chanter la même aurore, Sur mon tombeau muet et noir !
Mais dans l'autre horizon l'âme alors est ravie. L'avenir sans fin s'ouvre à l'être illimité. Au matin de l'éternité On se réveille de la vie, Comme d'une nuit sombre ou d'un rêve agité.